Entre appui militaire et atteinte à la souveraineté d'Haïti

Depuis le 3 février 2026, une situation grave et préoccupante se déroule sous nos yeux dans la baie de Port-au-Prince. Des navires militaires américains escortés ont accosté au large de notre capitale, et selon plusieurs observations locales, des avions militaires ont également atterri le 4 février. Ces mouvements ne sont pas anodins. Ils soulèvent des questions majeures sur le respect de la souveraineté nationale de la République d’Haïti et sur la transparence des décisions prises au plus haut niveau de l’État. 

La souveraineté d’un pays ne se résume pas à un mot dans la Constitution. C’est le droit fondamental d’un peuple de contrôler son territoire, ses institutions, ses choix politiques et ses orientations stratégiques. Toute présence militaire étrangère — même présentée comme un appui — doit être clairement expliquée, encadrée légalement, et connue de la population. Le peuple haïtien ne peut pas être tenu à l’écart d’informations aussi sensibles qui touchent directement à l’intégrité nationale. 

Beaucoup de citoyens s’interrogent aujourd’hui : quels sont les accords exacts derrière ces déploiements ? Qui les a autorisés ? Dans quelles conditions ? Pour quelle durée ? Avec quels objectifs précis ? Le silence, le flou ou les réponses partielles ne font qu’augmenter la méfiance et la tension sociale. La transparence n’est pas une option — c’est une obligation démocratique. 

Nous reconnaissons que la question de la sécurité est réelle et urgente dans le pays, notamment face à la violence des groupes armés. Oui, une coopération internationale peut exister entre États. Mais cette coopération doit se faire dans le respect mutuel, avec clarté, avec contrôle institutionnel, et surtout avec l’adhésion informée de la nation. La lutte contre l’insécurité ne doit jamais servir de porte d’entrée à des arrangements obscurs ou à des dépendances politiques. 

En tant que jeunes réunis sous le label du Mouvman Kan Pèp La(MKPL), nous réaffirmons notre engagement civique et patriotique. Nous ne sommes pas dans une logique de haine ni de confrontation, mais dans une démarche de vigilance citoyenne. Nous défendons le droit du peuple haïtien à comprendre, à questionner et à exiger des comptes. Nous croyons que la dignité nationale passe par la vérité, la responsabilité publique et le respect des institutions. 

Haïti a une histoire marquée par la lutte pour la liberté et l’indépendance. Cette histoire nous oblige aujourd’hui à rester attentifs, responsables et unis dans la défense de nos principes fondamentaux. L’avenir du pays ne doit pas se décider dans l’ombre. Il doit se construire dans la clarté, le dialogue et la souveraineté.


Auteur Inconnu !

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