L'anarchie institutionnelle, symptôme d'un État en ruine.
Depuis un certain temps, nous assistons à une véritable bassesse dans la gestion des affaires publiques. Une fois de plus, les dirigeants haïtiens continuent de patauger dans les bas-fonds de l’irresponsabilité. Une situation alarmante mérite toute notre attention.
Aujourd’hui, lorsqu’un citoyen souhaite ouvrir un compte bancaire dans une institution commerciale comme la SOGEBANK, on lui exige une preuve d’adresse. Cette preuve peut être obtenue soit au Tribunal de Première Instance (TPI) du Cap-Haïtien, soit à la Mairie. Or, une fois sur place, il suffit qu’un agent délivre un document attestant de votre adresse, sans qu’aucune vérification sérieuse ne soit faite. On ne vous pose aucune question, on ne confronte pas l’information à votre carte d’identification nationale, et l’on ne cherche pas à savoir si vous avez effectivement changé d’adresse.
Ce dysfonctionnement institutionnel est révélateur d’un problème beaucoup plus profond : l’effondrement de la rigueur administrative et de la culture de responsabilité en Haïti. Les décisions sont prises sans réflexion, sans logique, et sans souci des conséquences. Même lorsqu’il s’agit de mal faire, on le fait mal.
Nous faisons face à une société où trop d’individus, investis d’une parcelle d’autorité, agissent sans discernement. Il ne s’agit pas seulement d’un manque de moyens, mais surtout d’un manque de réflexion, de méthode et de sens civique. Si nous aspirons à construire une autre société, nous devons impérativement nous attaquer à ces pratiques absurdes et dangereuses.
Il est profondément regrettable qu’un peuple aussi riche par son histoire et sa résilience soit dirigé par des individus qui privilégient la force brute-l'animalité et l’improvisation au détriment de l’intelligence, de la loi et de la raison. Une nation ne peut se construire durablement sans institutions crédibles ni citoyens capables de penser avant d’agir.
Peut-on construire un État sérieux sans rigueur administrative ?
Auteur: Bouchico DUROSIER,
Mémorant en Sociologie à l'UEH/CHCL.
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