« Haïti : vers une transition nationale, souveraine et consensuelle »
Un accord politique a donné naissance au Conseil présidentiel de transition (CPT) pour conduire le pays dans une période exceptionnelle. Après environ 22 mois d’exercice, le CPT arrive à l’échéance fixée dans son engagement politique : laisser le pouvoir autour du 7 février. Ce point est important, car le respect des échéances fait partie de la crédibilité institutionnelle et de la confiance publique.
Mais la réalité est complexe : remplacer une structure de transition ne se fait pas automatiquement. Sans consensus national, sans dialogue inclusif, sans entente entre les secteurs politiques, sociaux et économiques, il est difficile de mettre en place une nouvelle architecture de gouvernance stable. C’est justement pour cela qu’un dialogue inter-haïtien a été lancé : pour permettre aux forces vives de la nation de discuter, proposer, négocier et construire une sortie de crise acceptable pour le plus grand nombre.
Dans cette logique, tous les secteurs — partis politiques, organisations sociales, jeunesse, société civile, diaspora — devraient s’impliquer dans la démarche. Une solution durable ne peut pas être imposée ; elle doit être construite collectivement. Le verdict du dialogue, ses propositions et ses compromis doivent être considérés avec sérieux, car la stabilité d’Haïti dépend d’un accord partagé, pas d’une décision unilatérale.
Beaucoup de citoyens s’interrogent également sur la position des partenaires étrangers, notamment les États-Unis. Le soutien international peut être utile — expertise, assistance, accompagnement — mais il ne doit pas remplacer la décision souveraine du peuple haïtien. L’appui extérieur doit soutenir une solution haïtienne, pas s’y substituer.
La crise haïtienne ne trouvera pas de solution durable sans appropriation nationale. Ce sont les Haïtiens qui doivent définir le mécanisme de transition, la forme de l’exécutif, et la feuille de route politique. L’aide internationale doit accompagner , pas orienter le choix final.
Aujourd’hui, plus que jamais, Haïti a besoin de dialogue, de transparence, de consensus et de responsabilité historique. La sortie de crise doit être nationale dans sa conception et légitime dans son application.
Auteur Inconnu !
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