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Affichage des articles du janvier, 2026

La ville du Cap-Haïtien est à genoux

La ville du Cap-Haïtien, autrefois considérée comme un joyau historique et culturel d'Haïti, sombre dans une déchéance insupportable. La saleté s’installe comme si elle avait conquis un droit de résidence permanente. Les fatras s’accumulent sur les trottoirs, dans les canaux d’évacuation, aux abords des marchés, devant les maisons, et même dans les lieux censés représenter l’administration publique. Les routes, déjà impraticables, se transforment en pièges mortels à chaque averse.  Ce spectacle est non seulement désolant, mais révoltant. Ce n’est pas seulement une question de propreté. C’est une question de dignité humaine, de respect de la vie, de santé publique, et de gouvernance. Comment peut-on expliquer que dans une ville aussi importante que le Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, les autorités restent muettes, inertes, incapables de poser un geste concret pour inverser la tendance ?  La mairie, censée être le garant de la salubrité et de la gestion urbaine, semble total...

Une fois de plus, l'incompétence s'affiche au grand jour : le cas préoccupant de la Mairie du Cap-Haïtien

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 Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2026, aux environs de 1h du matin, des résidents de la Ruelle Fraternité, dans la zone de Cité du Peuple, ont été réveillés par des bruits inhabituels. Des camions entraient et sortaient discrètement dans l’obscurité. Au petit matin, l’alerte est tombée : des déchets ont été déversés dans un espace situé en plein cœur de ce quartier habité.  Ce site avait déjà été ciblé sous la présidence de Jovenel Moïse comme lieu potentiel pour une décharge. Cependant, la population locale s’était farouchement opposée à cette décision, obligeant l’État à reculer. Un site avait même été inauguré à Limonade pour gérer l'entreposage des déchets de la ville.  Mais voilà qu’aujourd’hui, en silence et sans consultation, la Mairie du Cap-Haïtien a décidé de relancer le dépôt des ordures dans un espace qui n’est ni approprié, ni salubre, ni légalement désigné. Ce geste, non seulement irrespectueux, soulève de graves interrogations.  Pourquoi exposer toute...

Faut-il prolonger le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) après le 7 février 2026 ? Une réflexion au-delà des intérêts mesquins

À l’approche de la date symbolique du 7 février 2026, l’espace public haïtien est, une fois de plus, animé par des débats vifs autour de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Plusieurs courants s’affrontent : d’un côté, les voix favorables au départ immédiat du Conseil, souvent issues de secteurs politiques en opposition comme le groupe de l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus , et de l’autre, ceux qui, à juste titre, plaident pour un maintien raisonnable du CPT au pouvoir, le temps de mener à bien la transition en cours mais ils sont souvent manifestés par leurs passions. Entre ces deux pôles, notre position est le fruit d'une analyse lucide, fondée sur des constats concrets,et motivée par un souci de stabilité institutionnelle dans un pays trop souvent frappé par les ruptures brutales. Le piège de la discontinuité politique en Haïti L’une des tares historiques de la gouvernance haïtienne réside dans une culture politique de rupture systématique. Chaque nouv...