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Affichage des articles du janvier, 2026

L’Université comme levier de refondation institutionnelle : le pari stratégique du MAPPEF à l’UEH

Le lancement du Programme de Master en Analyse des Politiques Publiques dans le domaine de l’Économie et des Finances (MAPPEF) par l’Université d’État d’Haïti constitue un signal fort dans un contexte national marqué par l’affaiblissement des institutions, la crise de gouvernance et la raréfaction des ressources humaines qualifiées. En affirmant que ce programme n’est pas « un simple programme académique de plus », mais une « réponse institutionnelle à une urgence nationale », le Recteur Dieuseul Prédélus inscrit clairement l’action universitaire dans une perspective de responsabilité publique et de transformation structurelle de l’État.  Dans un pays où les politiques publiques souffrent souvent d’un déficit de cohérence, de continuité et d’évaluation, la formation de cadres spécialisés en analyse des politiques publiques apparaît comme un impératif stratégique. Le MAPPEF, fruit d’un partenariat entre l’UEH et le Ministère de l’Économie et des Finances, traduit une volonté de rapp...

Crise politique en Haïti

La politique n’est jamais un simple exercice juridique. Elle est, avant tout, une affaire de rapport de force. L’actualité politique haïtienne autour du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et du Premier Ministre en est une illustration éclatante, presque brutale, tant elle met à nu les contradictions entre la légalité institutionnelle, la légitimité politique et l’influence déterminante des acteurs internationaux.  L’accord politique, fruit de négociations internes et externes, qui a donné naissance au Conseil Présidentiel de Transition, confère explicitement au CPT la compétence de nommer et de révoquer le Premier Ministre. C’est sur cette base que le CPT a procédé à la révocation de l'ancien Premier Ministre Garry Conille, avant de nommer Alix Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement. À ce moment-là, aucune voix significative ne s’est élevée pour contester cette décision. Ni les forces politiques internes, ni la société civile, ni surtout la communauté internationale n’y o...

L'anarchie institutionnelle, symptôme d'un État en ruine.

Depuis un certain temps, nous assistons à une véritable bassesse dans la gestion des affaires publiques. Une fois de plus, les dirigeants haïtiens continuent de patauger dans les bas-fonds de l’irresponsabilité. Une situation alarmante mérite toute notre attention. Aujourd’hui, lorsqu’un citoyen souhaite ouvrir un compte bancaire dans une institution commerciale comme la SOGEBANK, on lui exige une preuve d’adresse. Cette preuve peut être obtenue soit au Tribunal de Première Instance (TPI) du Cap-Haïtien, soit à la Mairie. Or, une fois sur place, il suffit qu’un agent délivre un document attestant de votre adresse, sans qu’aucune vérification sérieuse ne soit faite. On ne vous pose aucune question, on ne confronte pas l’information à votre carte d’identification nationale, et l’on ne cherche pas à savoir si vous avez effectivement changé d’adresse. Ce dysfonctionnement institutionnel est révélateur d’un problème beaucoup plus profond : l’effondrement de la rigueur administrative et de l...

Marc-donald Elvariste : l’engagement citoyen au cœur d’une autre vision pour Haïti

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Le vendredi 16 janvier 2026, à Limonade, Marc-Donald Elvariste a pris part à une réunion organisée au sein de l’organisation RAFAVAL, un espace d’échange et de réflexion consacré à l’avenir du pays. Cette rencontre, placée sous le signe de l’engagement citoyen, a mis en lumière un axe fondamental de sa vision: le rôle central des femmes et le développement communautaire comme leviers de transformation d’Haïti.  Au cours de cette réunion, Marc-donald Elvariste a insisté sur l’importance de l’engagement des femmes dans la construction d’une autre Haïti, plus juste, plus inclusive et tournée vers le progrès. Pour lui, aucune politique de développement durable ne peut être envisagée sans la pleine participation des femmes, actrices essentielles de la vie sociale, économique et communautaire du pays.  Au-delà du discours, cette rencontre illustre une conviction profonde : le développement d’Haïti passe par le développement de chaque communauté. En mettant l’accent sur le renforceme...

La ville du Cap-Haïtien est à genoux

La ville du Cap-Haïtien, autrefois considérée comme un joyau historique et culturel d'Haïti, sombre dans une déchéance insupportable. La saleté s’installe comme si elle avait conquis un droit de résidence permanente. Les fatras s’accumulent sur les trottoirs, dans les canaux d’évacuation, aux abords des marchés, devant les maisons, et même dans les lieux censés représenter l’administration publique. Les routes, déjà impraticables, se transforment en pièges mortels à chaque averse.  Ce spectacle est non seulement désolant, mais révoltant. Ce n’est pas seulement une question de propreté. C’est une question de dignité humaine, de respect de la vie, de santé publique, et de gouvernance. Comment peut-on expliquer que dans une ville aussi importante que le Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, les autorités restent muettes, inertes, incapables de poser un geste concret pour inverser la tendance ?  La mairie, censée être le garant de la salubrité et de la gestion urbaine, semble total...

Une fois de plus, l'incompétence s'affiche au grand jour : le cas préoccupant de la Mairie du Cap-Haïtien

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 Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2026, aux environs de 1h du matin, des résidents de la Ruelle Fraternité, dans la zone de Cité du Peuple, ont été réveillés par des bruits inhabituels. Des camions entraient et sortaient discrètement dans l’obscurité. Au petit matin, l’alerte est tombée : des déchets ont été déversés dans un espace situé en plein cœur de ce quartier habité.  Ce site avait déjà été ciblé sous la présidence de Jovenel Moïse comme lieu potentiel pour une décharge. Cependant, la population locale s’était farouchement opposée à cette décision, obligeant l’État à reculer. Un site avait même été inauguré à Limonade pour gérer l'entreposage des déchets de la ville.  Mais voilà qu’aujourd’hui, en silence et sans consultation, la Mairie du Cap-Haïtien a décidé de relancer le dépôt des ordures dans un espace qui n’est ni approprié, ni salubre, ni légalement désigné. Ce geste, non seulement irrespectueux, soulève de graves interrogations.  Pourquoi exposer toute...

Faut-il prolonger le mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) après le 7 février 2026 ? Une réflexion au-delà des intérêts mesquins

À l’approche de la date symbolique du 7 février 2026, l’espace public haïtien est, une fois de plus, animé par des débats vifs autour de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Plusieurs courants s’affrontent : d’un côté, les voix favorables au départ immédiat du Conseil, souvent issues de secteurs politiques en opposition comme le groupe de l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus , et de l’autre, ceux qui, à juste titre, plaident pour un maintien raisonnable du CPT au pouvoir, le temps de mener à bien la transition en cours mais ils sont souvent manifestés par leurs passions. Entre ces deux pôles, notre position est le fruit d'une analyse lucide, fondée sur des constats concrets,et motivée par un souci de stabilité institutionnelle dans un pays trop souvent frappé par les ruptures brutales. Le piège de la discontinuité politique en Haïti L’une des tares historiques de la gouvernance haïtienne réside dans une culture politique de rupture systématique. Chaque nouv...